Promenade lunaire à Vaour

 
Il est deux heures du matin, je reviens d'une promenade à travers le village de Vaour. La lune éclaire le monde avec ce même jour lorsque, môme, j'errais des heures entières dans ma campagne natale enluminée. Je marchais et regardais les prés avec leurs vaches, les arbres, les herbes des talus dans cette clarté lunaire. Les animaux goûtaient, comme moi, doucement, sans heurt, une caresse de brise lègère dans la nuit chaude. Ce soir tout y est, le paysage change, les pierres et les reliefs sont plus nombreux, la lumière et la paix sont les mêmes. Les chiens n'aboyent pas à mon passage, sous la lune, ma présence est inaudible. 

A cette heure de la nuit, les rues sont calmes et les maisons endormies. La lumière brille chez mon voisin. Dans le village, une femme est à son bureau, elle semblait occupée lorsque je suis passée. Une vieille chanson, belle et nasillarde sort de l'Hôtel du Nord, le mélomane reste une présence derrière ses volets, les cailloux de la route sont éveillés et les fleurs de la Poste aussi. 

Après l'Eté de Vaour, les murs ne résonnent plus pareil. Est ce moi qui transporte toutes les amitiés rencontrées et partagées, si proches dans le temps ? A moins que chaque émotion de tout un autre monde, composé d'autres gens n'ait laissé des traces à la mémoire des pierres ? 

Je trouve la paix dans l'âme de mon village. 

Vaour le 18 août 1997.

Mise à jour le 18 août 1997 par Marie Ange