La chocolatomania

Pour ceux à qui les agapes de cette fin d'année ont laissé une crise de foie ou quelques kilos, rassurez vous ce n'est pas votre faute!. Si le chocolat"c'est plus fort que vous"ceci va vous interresser. En effet, le chocolat est un "aliment" pour le moins particulier. Depuis longtemps on lui prète des vertus aphrodisiaques, anti-stress, voire stimulantes. Alors, chocolat drogue douce ou simple plaisir délicieux ?
 Un article du journal "Liberation", à moins que çe ne soit "Le Monde";) (l'article que j'ai sous les yeux a été découpé, et aucune référence indiquée) apporte une eau nouvelle au vieux moulin de ce débat !

 "(...)L'histoire du chocolat est émaillée d'allégations relatives à ses effets stimulants, euphorisants, "antistress"(couple anxiété/sérénité), aphrodisiaques.. Les allégations de ce genre ne résistent généralement pas au développement des connaissances scientifiques. Avec le chocolat au contraire elles semblent progressivement s'étayer. L'action stimulante a
été, dés la seconde moitié du siècle dernier, corrélée avec la présence d'alcaloïdes comme la théobromine et la caféine dans le cacao.
La théobromine agit sur le coeur, le cerveau et les muscles, à la manière de la caféine, mais d'une façon plus nuancée. Ce sont par contre des travaux relativement récents qui ont apporté quelque crédit scientifique aux effets de la consommation du chocolat sur le couple anxiété/sérénité et sur le comportement sexuel. Le rôle joué, dans ces deux cas, par les amines biogènes ou amines de réveil, substances psychoactives présentes dans le chocolat, et en particulier l'une d'entre elles, la phényléthylamine (PEA), a été évoqué, sous forme d'hypothèses, par certains chercheurs dont les travaux ont été
largement diffusés par les médias. Ce succès, important autant que surprenant, est sans doute à la mesure du degré de frustration atteint par ceux qui, persuadés de la réalité des effets du chocolat, n'avaient aucun
élément scientifique pour les justifier.
Là où le scientifique ne voit qu'une analogie de comportement de la PEA avec les amphétamines (les récepteurs de l'hypothalamus sont identiques dansles deux cas), d'autres croient trouver une explication aux boulimies de chocolat quelquefois observées chez les personnes occasionnellement déprimées. Pour eux, cet aliment serait alors utilisé comme une sorte
d'automédication inconsciente.
Les résultats obtenus par des chercheurs israéliens de l'université de Jérusalem en 1983 peuvent eux, apparaître comme de nature à valoriser les "vertus aphrodisiaques" vieilles de cinq cents ans et maintenue vivace jusqu'à nos jours par maints auteurs tant litteraires que médicaux. Ils montrent en effet que l'administration à des rats de PEA déclenche, chez
eux, la première phase de l'enchaînement séquentiel de l'acte sexuel, à savoir l'accouplement.
Le salsolinol, lui, est ignoré des médias.Cet alcaloïde présent en quantité importante dans le chocolat est pourtant intéressant à plusieurs titres. En particulier son profil antidépresseur marqué peut, à lui seul, s'approprier les effets attribués à la PEA. Il favorise aussi l'élévation du taux de cette amine biogène en inhibant l'enzyme qui le régule.Il manifesterait par ailleurs une certaine affinité pour les récepteurs aux opiacés du cerveau.
 Enfin, un nouveau groupe de composés a été tout récemment mis en évidence dans le cacao par une équipe de l'institut des neurosciences de San Diego, en Californie. Il s'agit de l'anandamide, neurotransmetteur impliqué dans le système endogène des recepteurs cannabinoïdes du cerveau, ainsi que deux autres molécules apparentées (N-acyléthanolamine). Les effets de ce système sont ceux observés lors de la prise de cannabis, à savoir, pour l'essentiel, une exarcerbation des sensations et une euphorie. Les N-acyléthanolamines apportés par le cacao élèvent les taux d'anandamide et augmenteraient ainsi les effets cannabinoïdes. Le besoin de chocolat observé chez ceux qui en consomment régulièrement et en abondance pourrait
s'expliquer par une dépendance analogue à celle existant chez les consommateurs de cannabis.

L'équipe de la clinique toxicologique de l'hôpital Fernant-Widal a relaté aux entretiens de Bichat les résultats d'une expérience portant sur vingt-deux sujets consommant de 100 à 500 grammes de chocolat par jour et s'étendant sur plusieurs années. Cette étude donne des éléments intéressant sur les caractéristiques du "chocolatovore". Son niveau d'activités physique et psychique et son degré de vigilance sont élevés. Il manifeste un "professionnalisme intense", quel que soit le métier exercé. Il est
dépourvu d'anxiété. les effets secondaires de la consommation massive de chocolat sont négligeables; pas d'insomnie ni d'agitation psychomotrice, pas de prise de poids. Enfin, l'état de manque chez le chocolatovore sevré se réduit à une légère anxiété. Compte tenu de la discrétion des effets toxiques, il avait été admis, en 1985, qu'il s'agissait plutôt d'une
chocolatomanie que d'une toxicomanie.
 
Depuis les résultats scientifiques semblent accrèditer la thèse de la drogue douce.De fait, le chocolat, en stimulant les activités physiques et intellectuelles tout en fournissant de l'énergie et en générant euphorie et bien-être, cela pratiquement sans effets secondaires et avec une faible dépendance, rempli le "cahier des charges" de la drogue douce quasi-parfaite.
 L'approfondissement des connaissances semble progressivement justifier le nom donné au cacao il y a plus de deux siècles:theobroma, "nourriture des dieux".

Article rédigé par Henri Chaveron professeur des universités au département de génie biologique et médical à l'université de Compiègne.

Alors pour votre prochaine conquète en même temps que les fleurs, offrez du chocolat ... et laissez les choses se faire.Et si ça ne marche pas ,peut être qu'elle n'aime pas les fleurs :)
 
Boris & Elodie